Label Blue

Un mix de journal perso, et d'articles sur les thèmes qui m'interpellent : santé et beauté naturelles, écologie, précocité, et tout ce me qui passera par la tête.

19 janvier 2008

Huiles essentielles : les chémotypes

Les chémotypes ne correspondent pas à différentes variétés d’une même plante mais bel et bien à exactement la même plante sur le plan botanique : Genre – espèce – éventuellement variété. La différence de composition chimique a une autre origine…En fait elle peut avoir plusieurs origines.

thymus_vulgPour illustrer les diverses possibilités, prenons l'exemple du thym qui balaye un peu tous les cas.

J’ai résumé la rubrique correspondante de Aromatherapy for health Professionals de Shirley et Len Price, Churchill Livingston Elsevier.

Les thyms à phénols (dits thyms rouges car autrefois, les HE se coloraient en rouge lors de la distillation par oxydation du matériau de l’alambic), thyms poussant dans les vallées :

1.Thymus vulgaris CT thymol :

Cueillette de printemps : 30% thymol + paracymène + gamma-terpinène (tous deux précurseurs du thymol)
Cueillette d’automne : 60-70 % thymol

2.Thymus vulgaris CT carvacrol :

Cueillette de printemps : 30% carvacrol + paracymène + gamma-terpinène (tous deux précurseurs du thymol)
Cueillette d’automne : 60-80 % carvacrol

Pour les chémotypes à phénols, la composition évolue au fur et à mesure de l’évolution de la floraison (boutons, fleurs, fin de floraison), donc de la saison.

Les thyms à alcool (dits thyms jaunes en anglais, je dirais thyms blancs en français) :

     3.Thymus vulgaris CT linalol : thym de haute altitude à odeur herbacée, contient du linalol et de              l’acétate de linalyle.

4.Thymus vulgaris CT thujanol, pas de variation saisonnière : 50% tran-thujanol, environ 15%                 terpinène-4-ol, environ 15% cis-myrcénol-8. Uniquement sauvage, pas de culture possible, odeur florale.

    5.Thymus vulgaris CT alpha-terpinéol, odeur poivrée : ester-terpényl acétate (nom anglais, traduction peut être à revoir) 80-90% forme libre ou estérifiée (plus au printemps)

    6.Thymus vulgaris CT géraniol , thym de haute altitude, odeur citronnée : ester géranyle acétate (nom anglais, traduction peut être à revoir), géraniol (alcool) 80 à 90%, forme libre ou estérifiée.

Variations saisonnières : plus de géranyle acétate au printemps, plus de géraniol à l’automne.

Il existe également un chémotype cinéole et un chémotype paracimène.

Chaque chémotype a des spécificités liées à sa composition. Soit 8 huiles essentielles différentes aumoins pour exactement la même plante sur le plan botanique...

On constate que la composition chimique de l’huile essentielle de thym Thymus vulgaris varie en fonction du lieu de sa cueillette et de l’époque à laquelle il est cueilli.

Il existe également des plantes qui donneront des huiles essentielles à chémotype différents selon la variété  comme l’acore odorant:

Acorus calamus L. var. Angustatus Bass. Asaroniferum = Acore vrai ou roseau odorant à asarone

Et Acorus calamus L. var. calamus L. Shyobunoniferum = Acore vrai ou roseau odorant à shyobunone (L’aromathérapie exactement, Franchomme-Pénoël-Jollois)

Mais la plupart des huiles essentielles produitent à partir de plantes différant par la variété donnent des HE totalement différentes :

Cymbopogon martinii Stapf. Var.motia = Palmarosa

Et Cymbopogon martinii Stapf. var. sofia = Gingergrass (L’aromathérapie exactement, Franchomme-Pénoël-Jollois)

Une petite liste non exhaustive des plantes botaniquement identiques qui peuvent fournir différents chémotypes d’huiles essentielles : Le thym (au cas où vous n’auriez pas encore compris… ;)), le romarin (Rosmarinus officinalis CT camphre, ou cinéole, ou verbénone), le basilic (Ocimum basilicum CT linalol, ou estragole ou eugénol mais là en plus se glisse plusieurs variétés de basilic qui compliquent la donne), le niaouli (Melaleuca quinquinervia cinéole, ou viridiflorol, ou nérolidol)…

Mais aussi moins connu :  L’estragon (Artemisia dracunculus CT estragole ou sabinène), la sauge officinale (Salvia officinalis CT thujone ou cinéole, huile essentielle en vente réservée aux pharmaciens), la valériane (Valerinan officinalis CT valeranone ou valeranal ou cryptofuranol), la mélisse (Melissa officinalis CT citral ou citronellal)…

On ne devrait pas acheter une huile essentielle pouvant être chémotypée sans précision du chémotype sur l’étiquette… Cette précaution est indispensable pour les huiles essentielles de thym, romarin et basilic. Pour les autres, il vous sera souvent difficile d’obtenir un flacon mentionnant cette précision.

Dans ce cas, soit on peut partir du principe qu’on a affaire au chémotype le plus courant, soit on exigera de son fournisseur les résultats d’une chromatographie  en phase gazeuse du lot concerné. Normalement tout fournisseur sérieux est en mesure de vous fournir une chromato car il doit logiquement la demander à son fournisseur ou producteur ou la faire faire lui même, par exemple s’il se fournit auprès d’un petit distillateur sérieux mais qui n’a pas les moyens de faire faire une chromato pour chaque lot.

Dans tous les cas, n’oubliez jamais de tenir compte du chémotype des huiles essentielles car propriétés et précautions d’emploi peuvent être complètement différents selon le chémotype.

Posté par Blue à 23:50 - Santé naturelle - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

    Blue, te voilà enfin revenue avec toute ta documentation. Heureuse de te lire à nouveau.
    Merci Blue

    Posté par Catherine, 20 janvier 2008 à 08:01
  • Et si seulement tous les ouvrages d'aroma pouvaient les distinguer ! J'aimerais que tu me dises Blue, si le Romarin Cinéol peut remplacer le romarin verbénone...Que tu me donnes un feu vert pour l'utiliser pour ses vertus revitalisantes pour la peau ...Parceque je me suis trompée au moment de l'achat et ça m'agace : Surtout en lisant Baudoux qui préconsie bien pour les soins de peau la verbénone !
    Mais même chez Hévea, ils mettent dans un tout les 3 romarins en évoquant la fameuse eau de de la reine de Hongrie. Alors que si on veut faire cette eau dans un but de soin cutané, il vaut mieux ne pas prendre la Camphre (aie !) ou la cinéole;..

    Posté par patte, 20 janvier 2008 à 19:32
  • Mon bouquin anglais que j'ai sous la main rapporte a priori (mais je suis un peu tête pleine alors je me méfie de mes traductions là tout de suite) ds désaccords entre Roulier et Franchomme sur le sujet alors je vais aller trancher en allant chercher dans d'autres ouvrages... Tu me sonnes si j'oublie...

    Posté par Bluetansy, 20 janvier 2008 à 20:39
  • Je ne voulais pas te décevoir trop vite mais pour la peau, je tiquais un peu...Et désolée mais quelque soit le chémotype, c'est une HE qui peut provoquer des irritations cutanées...Je la réserverais pour les soins capillaires (produits rinçables).

    Au niveau du chémotype, rien de bien tranché pour la peau, c'est un peu pareil même pour les 3 chémotypes.

    VA Worwood la donne pour peaux grasses mixte et terne dans "L'aromathérapie pour l'esthéticienne" mais en précisant le risque d'irritations et sans préciser le chémotype...

    Posté par Bluetansy, 20 janvier 2008 à 21:01
  • Hey Blue ! Quelle bonne idée m'a prise d'aller mettre de l'ordre dans mes favoris... "tiens il y avait longtemps que je n'ai pas fait un petit tour chez Blue, allons voir, au cazoù, si elle est de retour...", et là, bingo !!!
    Je suis très heureuse de te relire, Blue, car même si on ne se connait pas, je me suis fait du souci. Que l'année 2008 te soit propice, et au plaisir de te relire.

    PS: mais dis-moi, si tu déménages, toutes ces bonnes recettes te suivront-elles ?

    Posté par Christine, 20 janvier 2008 à 22:08
  • Merci, meilleurs voeux à toi aussi pour 2008, il est encore temps...
    De toutes façons, je ne fermerais pas ici et je tenterai de rapatrier petit à petit mais là j'avoue que je manque de temps pour le déménagement...

    Posté par Bluetansy, 20 janvier 2008 à 22:10
  • merci Blue..Et si Franchomme confirme, tout va bien !
    Je t'embrasse

    Posté par patte, 22 janvier 2008 à 12:27
  • Tu as raison d'insister Blue, on ne devrait pas avoir à se poser la question si c'était toujours indiqué.
    Je vais aussi y faire plus attention.

    J'utilise régulièrement un peu de romarin verbenone dans ma crème de jour.
    Je la tolère tout à fait bien et elle donne un coup de fouet à la peau je trouve...

    Posté par michele, 23 janvier 2008 à 11:41
  • Bravo pour ce rappel aussi précis que salutaire, Blue… On aurait pu aussi évoquer la lavande; Sylviane Reina par exemple vend trois au quatre sortes de lavandes selon les altitudes, et pour avoir eu la chance de les renifler à la suite, on peut être certaine qu'elles ne renfermaient pas du tout les mêmes molécules. Donc je dirais, en plus du reste, éduquer aussi de son nez quand on utlise des huiles essentielles. Essayer d'en renifler un maximum pour peaufiner son éducation olfzctive.

    On pourrait rajouter d'autres facteurs qui font varier les chemoptypes:
    -la nature des sols (si elle diffère sur une meme parcelle), on n'aura pas toujours les mêmes chemotypes-
    -l'heure de la cueillette dans la journée,
    - d'une année à l'autre, sur un meme terrain, et à une même époque de récolte, on n'aura pas non plujs les memes chemotypes, en raison du degré d'ensoleillement et d'hygrométrie de l'année.

    Posté par venezia, 24 janvier 2008 à 08:02
  • Coucou Blue. Te voilà de retour!!!. Contente de te relire !!!!

    Posté par grisette, 25 janvier 2008 à 15:24
  • Heureuse de te lire à nouveau Blue !
    Un super article très instructif, comme d'habitude !

    Posté par Kinoui, 08 février 2008 à 11:46

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